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Nouvelle-Calédonie : une révision constitutionnelle qui met le feu aux poudres
Sur la commune du Mont-Dore, en Nouvelle-Calédonie, comme ailleurs sur l'archipel, les routes sont bordées de bâtiments détruits, alors que les violences se poursuivent depuis deux semaines. Les forces de l'ordre tentent de rétablir la circulation routière en démantelant les barrages, comme a pu le constater sur place TF1.
Ce samedi 25 mai, des tractopelles ont ramassé plus de cent tonnes de barricades qui bloquaient jusqu'ici les routes. À leurs côtés, des gendarmes lourdement équipés, certains d'armes de guerre, ont sécurisé la manœuvre. "On sait qu'on a des adversaires qui sont déterminés. On est ciblé par des jets de pierres, cocktails et autre. Et dès qu'on est à l'arrêt, on est des cibles potentielles. On sait qu'il y a des armes qui sont pointées sur nous", indique le commandant Stéphane, chargé du Groupement technique et opérationnel, dans le reportage en tête de cet article.
À quelques mètres des forces de l'ordre, des indépendantistes qui affirment ne pas être armés, observent l'important convoi. Leur revendication écrite sur un morceau de tissu a, elle aussi, fini dans les bennes à ordures. Le face-à-face est pesant. La méfiance et le rejet, omniprésents. "Ils sont dans leur rôle. Quand on sera indépendant, on aura aussi notre police, notre gendarmerie à nous", revendique un militant indépendantiste, assurant en désignant les forces de l'ordre en action : "C'est pas notre gendarmerie à nous. On est occupé, nous sommes sous occupation".
D'un instant à l'autre, tout peut dégénérer. Peu importe le camp, ici, personne ne se fie au calme apparent, la visite d'Emmanuel Macron comme les appels à l'apaisement de la part des acteurs politiques locaux ne semblant pas être entendus. Sur la route, si l'accès a pu être en partie rétabli, les blindés de la gendarmerie ouvrant la voie, des habitants craignent que les barrages soient aussitôt reconstruits. "Déblayer la route, génial. Mais combien de temps ?", a souligné, désabusé, un automobiliste. "C'est sans fin..."
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À la tête d'une centaine d'hommes, venus pour la plupart d'entre eux en renfort, le commandant Stéphane se veut néanmoins confiant. "Certainement, il y en aura d'autres [des barrages, ndlr], certainement, après-demain, il y en aura d'autres. Mais nous, notre travail, ça sera tous les jours de revenir et de montrer que quoi qu'il arrive, on mettra en place des dispositifs pour rétablir cette viabilité, pour permettre aux gens de retrouver peu à peu le cours normal de leur vie", a-t-il affirmé.
De son côté, la ministre déléguée aux Outre-mer, Marie Guévenoux, restée en Nouvelle-Calédonie depuis la visite du chef de l'État, a reconnu sur franceinfo une situation qui "reste difficile". "Les forces de l'ordre reprennent du terrain au fur et à mesure", a-t-elle toutefois salué. La levée de l'état d'urgence n'est pas pour tout de suite, a-t-elle confirmé. Cela ne pourra être fait "qu'à la condition que les barrages soient levés et le calme revenu."
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